Un voyage intense au programme !

C’est accompagné de Rachel, ma compagne, que nous avons posé nos valises pour une semaine intense de road trip aux Canaries — sept jours pour explorer trois îles emblématiques : Ténérife, Fuerteventura et Lanzarote. Sept jours où chaque île a dévoilé son caractère unique, dans un rythme cosy, loin de la frénésie, mais avec cette soif d’aventure propre aux voyageurs curieux.

Oui, ce voyage n’était pas exactement un exploit écologique — plusieurs heures de vol depuis Lyon, un saut interne entre Ténérife et Fuerteventura, et des trajets en voiture à travers les paysages volcaniques. Mais c’est aussi la promesse d’une découverte authentique, d’un contact direct avec la nature et les villes, vécue au volant de véhicules loués chez Cicar, un loueur local dont j’ai rarement vu la simplicité et l’efficacité. Un Cupra Formentor quasi neuf nous a accompagnés sur une partie de ce trip, nous offrant confort et assurance.

Nous sommes arrivés en fin de journée, en plein mois d’août, et la douceur de Santa Cruz, capitale tranquille de Ténérife, nous a tout de suite séduits. Après un premier dîner aux saveurs locales, une promenade nocturne nous a permis de saisir l’atmosphère apaisée de cette ville où il fait bon vivre. Ce fut le prélude parfait à une semaine riche en émotions, paysages, et rencontres, que je vous invite à partager ici, pas à pas.

Le lendemain, nous avons pris le temps de sillonner un peu plus en détail Santa Cruz. Le port et ses quais animés, les bords de mer baignés de lumière, le marché couvert débordant de couleurs et de saveurs, sans oublier les ruelles et les parcs du centre-ville : tant de trésors à découvrir en une seule matinée. Chaque coin de rue semblait raconter une histoire, chaque regard croisé portait la promesse d’une nouvelle découverte.

Mais le temps pressait, car notre prochain vol vers Fuerteventura nous attendait déjà. Un trajet d’à peine 50 minutes en avion, que j’avais d’abord envisagé de faire en bateau — un périple de plus de huit heures. Plus écologique, sans doute, mais incompatible avec le peu de temps que nous avions pour explorer cette île aux accents volcaniques et à l’atmosphère si différente de Ténérife.

Arrivés en fin d’après-midi à Fuerteventura, nous avons rejoint notre logement isolé, niché au cœur de l’île et de ses paysages lunaires. Une journée douce et tranquille pour commencer ce nouveau chapitre, nous imprégnant doucement de cette ambiance sauvage et apaisée. Le soir venu, une escapade en bord de mer nous a offert un dîner en amoureux mémorable : poissons frais, viandes savoureuses, et une explosion de saveurs qui a réveillé nos papilles. La brise marine fouettait délicatement nos visages tandis que nos regards se perdaient à l’horizon, complices de ce moment suspendu.

Fuerteventura et ces décors lunaires bordés de bleu.

Pour cette vraie première journée complète, nous avons mis le cap plein sud, direction la pointe la plus brute de Fuerteventura. L’envie était simple : s’éloigner, rouler longtemps, laisser les paysages changer jusqu’à ce que le décor devienne totalement dépaysant. Après plus d’une heure de route, l’asphalte a fini par céder la place à la piste. La première vraie piste du voyage. Celle qui annonce que l’on est en train de basculer ailleurs, en direction d’un phare isolé, posé face à l’Atlantique.

J’ai toujours eu un attachement particulier pour les phares. Leur solitude, leur fonction, leur manière de dialoguer avec l’horizon. Aux Canaries, ils sont partout ou presque, sentinelles blanches confrontées au vent et au sel. À Fuerteventura, beaucoup se distinguent par leur dôme en verre, presque fragile en apparence, mais conçu pour résister aux éléments. Ces phares racontent l’histoire d’îles tournées vers l’océan, battues par les vents, où la lumière n’est jamais un luxe mais une nécessité.

Cette journée a aussi marqué notre première baignade. Une eau autour de 20 degrés, revigorante, accompagnée d’un vent constant. Car les Canaries occupent une position très particulière dans l’Atlantique : celle où les alizés viennent frapper la terre sans relâche. Ces vents, réguliers et puissants, sculptent littéralement les paysages. Ils érodent les reliefs, déplacent le sable, adoucissent certaines lignes tout en en durcissant d’autres. Rien n’est figé ici, tout est en mouvement lent.

Côté climat, difficile de faire plus agréable à mes yeux. Entre 25 et 30 degrés quasiment toute l’année. Mais ce tableau parfait a ses subtilités. Les alizés génèrent aussi des masses nuageuses, bloquées par les reliefs les plus hauts. Résultat : des sommets parfois invisibles le matin, noyés sous les nuages, tandis que le reste de l’île profite d’un ciel bleu éclatant. Cette humidité piégée est pourtant essentielle : elle permet à une biodiversité unique de se développer, avec des plantes et des arbres que l’on ne trouve nulle part ailleurs.

Car toutes les îles des Îles Canaries ne se ressemblent pas. Leur âge varie, leur érosion aussi. Les plus anciennes, comme Fuerteventura, sont plus basses, plus arrondies, presque lunaires. Les plus jeunes, comme Ténérife, sont plus abruptes, plus vertes, plus contrastées. Ce jeu entre le temps, le vent et le volcanisme a façonné un archipel d’une richesse incroyable, où chaque île possède sa propre identité. Et ce jour-là, tout au sud de Fuerteventura, face à l’océan et au vent, nous avons vraiment commencé à le ressentir.

Le dôme de verre est conçue pour résister au vent, au sel et au temps.

Nous avons ensuite repris la route en remontant la côte ouest de Fuerteventura, laissant l’Atlantique sur notre gauche et les pistes s’étirer devant nous. Peu à peu, le relief s’est affirmé jusqu’à nous conduire au Mirador Astronómico de Sicasumbre. Là-haut, le décor change brutalement. Une vision presque désertique s’ouvre à nous, ponctuée de montagnes sombres et de coulées de lave encore parfaitement lisibles au loin. Après la pointe sud, ce paysage a provoqué un vrai choc visuel, comme si nous avions changé d’île en quelques kilomètres.

Ces massifs volcaniques racontent l’histoire la plus ancienne de Fuerteventura. Ici, le temps a fait son œuvre : les volcans se sont adoucis, les coulées se sont figées puis lentement érodées, laissant apparaître des strates minérales aux teintes ocre, noires et rougeâtres. L’océan, jamais loin, vient fermer le tableau, rappelant que cette terre est née du feu avant d’être façonnée par le vent et le sel. Montagnes, lave et Atlantique cohabitent dans un équilibre brut, sans artifices.

Mais qui dit altitude dit aussi vent. Un vent franc, constant, qui nous a rapidement convaincus de ne pas prolonger la marche plus que nécessaire. Nous avons repris la route vers le nord, avec cette sensation grisante d’avancer dans un territoire encore largement indompté.

Car malgré les grands complexes touristiques concentrés sur la côte est de l’île, le reste de Fuerteventura nous a profondément surpris. Sauvage, minérale, presque vide par endroits. Des coulées de lave à perte de vue, des pistes solitaires, puis soudain des villages de pêcheurs isolés, posés là comme par nécessité plus que par choix. Chaque étape de cette journée s’est révélée inattendue, marquante. Et le constat s’est imposé naturellement : Fuerteventura nous avait déjà complètement époustouflés, alors que cela ne faisait même pas 24 heures que nous avions posé les pieds sur l’île.

Après une bonne nuit de repos dans un logement confortable, nous étions prêts à reprendre la route, cette fois avec le nord de Fuerteventura en ligne de mire. L’énergie était là, intacte, nourrie par cette sensation grisante d’avoir encore tant à découvrir. La journée s’annonçait dense, mais sans précipitation, portée par le simple plaisir d’avancer.

Les kilomètres ont défilé entre plages idylliques et totalement désertes, où le sable clair rencontrait une mer aux reflets changeants, et villages posés en bord d’océan, vivant au rythme du vent et des marées. Ici, rien de tapageur. Juste l’essentiel. Des maisons basses, des barques tirées sur le rivage, et cette impression que le temps s’écoule différemment. La route, elle, nous guidait doucement vers le nord, en direction de Corralejo, où notre ferry nous attendait en fin de journée pour une traversée de moins d’une demi-heure.

Mais avant ce rendez-vous maritime, les découvertes ont été nombreuses. Les moulins à vent, disséminés dans le paysage, ont naturellement capté mon attention. Comme les phares, ils racontent une histoire d’adaptation, de survie dans un environnement rude, où le vent n’est pas un obstacle mais une ressource. Silencieux aujourd’hui pour la plupart, ils restent des repères visuels forts, ancrés dans l’identité de l’île.

Le nord-ouest de Fuerteventura dévoile un visage particulier : plus contrasté, plus ouvert. Les reliefs s’adoucissent, les couleurs oscillent entre l’ocre, le beige et le noir volcanique, tandis que l’océan vient sans cesse redessiner les contours de la côte. Les paysages y sont larges, presque infinis, et offrent cette sensation rare d’espace total. Une fois encore, la journée s’est révélée intense, chargée d’énergie et d’émotions visuelles, comme si l’île refusait de se répéter et cherchait, à chaque détour, à nous surprendre une nouvelle fois.

Puertito de los Molinos  Un village suspendu entre sable clair et océan, où le temps ralentit et le vent dicte le rythme.

Après une journée bien remplie à arpenter les paysages contrastés du nord de Fuerteventura, nous avons retrouvé Corralejo en fin d’après-midi, point de départ de notre courte traversée en ferry vers Lanzarote. Le voyage, d’une demi-heure à peine, s’est déroulé dans une atmosphère légère, bercée par la mer et l’impatience de découvrir une nouvelle île dont nous avions tant entendu parler. Arrivés à Playa Blanca, la lumière déclinante donnait aux lieux une douceur particulière, comme une invitation à ralentir et savourer l’instant avant de repartir à l’aventure.

Notre logement à La Asomada, le Vista Alisios Suites, s’est rapidement imposé comme un havre de paix après ces journées rythmées par la route et la découverte. Perché sur les hauteurs, il offre une vue spectaculaire sur la piscine en contrebas et l’océan à l’horizon, un panorama qui apaise et inspire à la fois. L’intérieur, soigné jusque dans les moindres détails, allie confort et élégance avec une propreté impeccable. Plus qu’un simple hébergement, c’est un véritable cocon où il fait bon se poser, se ressourcer et se préparer pour les explorations à venir.

Ce qui a achevé de rendre ce séjour exceptionnel, c’est sans doute le petit déjeuner, livré chaque matin à notre porte. Un véritable festin gourmand, généreusement garni, qui nous a offert chaque jour un départ parfait, à la fois simple et raffiné. Ce rituel matinal, dans ce cadre idyllique, a sublimé notre expérience, mêlant plaisir des sens et sérénité. Bien situé, le Vista Alisios Suites est une base idéale pour rayonner aux quatre coins de l’île, nous promettant encore de belles découvertes sous le signe du confort et de la douceur.

Arrivé sur Lanzarote en Ferry où son architecture unique prend forme à nos yeux pour la première foi.

Le jour suivant s’annonçait plein de promesses, et cette fois, cap au nord de Lanzarote. Pour bien commencer la journée, nous sommes allés visiter les vignes de Bodegas Rubicón, situées à seulement quelques minutes de notre logement. Ce mode de culture, unique en son genre, ne ressemble à rien de ce que j’avais vu auparavant. Chaque pied de vigne est planté dans un trou conique creusé directement dans la terre volcanique, une technique ingénieuse qui sert principalement à protéger les plants du vent omniprésent tout en capturant la moindre goutte d’eau ou l’humidité ambiante. Cette forme d’agriculture, adaptée à un environnement aride et hostile, tire parti du sol poreux et des microclimats créés par ces trous, permettant aux racines de puiser ce qu’elles peuvent dans ce désert apparent. Ce système millénaire reflète parfaitement l’ingéniosité locale et la symbiose entre l’homme et la nature.

Après cette immersion dans la culture viticole locale, nous avons repris la route en traversant le Parque Natural de Los Volcanes, direction le nord. Les villages et petites villes que nous avons traversés dénotaient avec ceux de Fuerteventura : ici, tout semble plus soigné, plus harmonieux, avec des maisons respectant scrupuleusement les codes couleurs, donnant parfois l’impression de se trouver dans un décor de cinéma. La richesse de l’île se fait sentir, et si Lanzarote est certes moins sauvage que Fuerteventura, elle déploie en contrepartie des paysages volcaniques d’une intensité rare. Ce qui nous a le plus marqués, ce sont ces coulées de lave gigantesques, s’étendant non plus sur quelques centaines de mètres mais sur plusieurs kilomètres, s’écoulant droit vers l’océan. Sous un ciel chargé, ce décor dramatique gagnait en force, chaque crevasse et fissure semblant raconter une histoire ancestrale. Vu d’en haut, les lignes d’érosion se dessinent nettement, serpentant vers la mer, un spectacle naturel saisissant et presque hypnotique. Se retrouver seuls au cœur de ce chaos minéral, au milieu de rien, a provoqué en nous une profonde réflexion sur les mystères de la nature et la naissance de ces terres si particulières.

Les îles Canaries sont nées il y a plusieurs millions d’années, au cœur d’un hotspot volcanique actif sous la croûte terrestre. Cette activité volcanique intense a façonné un archipel aux reliefs variés et aux paysages extraordinaires, où chaque île raconte une histoire géologique unique. Lanzarote, en particulier, est un témoignage vivant de cette force brute de la nature. Il y a environ 15 000 ans, une série d’éruptions massives ont recouvert de coulées de lave une grande partie de l’île, donnant naissance au Parque Nacional de Timanfaya, un terrain presque lunaire où le temps semble suspendu. Ce paysage volcanique, figé mais vivant, rappelle à chaque pas combien la terre est en perpétuelle transformation, et combien ces îles sont le fruit d’une lutte incessante entre feu et mer. Cette géologie singulière confère à Lanzarote son caractère fascinant, à la fois rude et magnifique, qui ne cesse d’impressionner ceux qui s’y aventurent.

Le Parc national de Timanfaya frappe par son paysage lunaire, une étendue de lave figée qui semble tout droit sortie d’un autre monde.

La journée s’est finalement achevée en douceur, par une baignade salvatrice dans la piscine, à observer les derniers rayons du soleil glisser lentement vers l’horizon. Un moment suspendu, presque hors du temps, avant de partir découvrir les restaurants de la côte. Mais très vite, une sensation familière est revenue : le charme brut et l’intimité de Fuerteventura nous manquaient déjà. Ici, l’agitation était plus présente, les terrasses bondées, les voix d’enfants résonnaient partout… tout ce qu’il faut pour se reposer… Heureusement, le supplice fut de courte durée et nous avons rapidement retrouvé le calme de notre nid douillet, heureux de nous isoler à nouveau, loin du tumulte.

Le lendemain s’annonçait un peu plus chargé, fidèle au programme ambitieux que je nous avais concocté. Direction le sud cette fois, en repassant par les vignes qui nous avaient tant marqués la veille, comme un dernier clin d’œil à ces paysages uniques. Puis, presque par surprise, un marais salant d’une taille impressionnante s’est dévoilé sous nos yeux. Les couleurs, à la fois variées et contrastées, composaient un tableau saisissant : blancs éclatants, roses subtils, reflets métalliques sous le ciel. Un spectacle grandiose, calme et graphique, qui invitait naturellement à ralentir. Cette journée plus contemplative nous a permis de lever le pied, de simplement regarder, respirer, et savourer le luxe de ne rien faire.

El Golfo : quand le vert de la lagune rencontre le noir volcanique, sous le regard éternel de l’océan.

Nous sommes également passé par El Golfo, situé sur la côte ouest de Lanzarote. Il est l’un de ces lieux où la nature impose immédiatement le silence et l’admiration. Ici, le contraste est saisissant : le noir profond des roches volcaniques encadre une lagune d’un vert intense, née d’un ancien cratère partiellement englouti par l’océan. Ce vert presque irréel, renforcé par la lumière changeante et souvent le ciel chargé, donne au site une atmosphère dramatique, presque mystique. Le bruit sourd des vagues venant frapper les falaises rappelle que l’île est toujours vivante, façonnée par le feu et la mer. El Golfo n’est pas seulement un point de vue spectaculaire, c’est une véritable leçon de géologie à ciel ouvert, un endroit brut et puissant qui résume à lui seul l’âme volcanique de Lanzarote.

Puis, peu à peu, nous avons pris la direction de Playa Blanca pour reprendre le ferry vers Fuerteventura, avant d’enchaîner avec notre vol à destination de Tenerife en fin d’après-midi. Une logistique serrée, presque audacieuse, mais qui s’est déroulée sans le moindre accroc. Et c’est ainsi, sous un soleil radieux et une lumière dorée, que nous sommes revenus à notre point de départ. Une boucle parfaitement refermée, riche en images, en contrastes et en souvenirs, laissant derrière elle cette sensation rare d’un voyage mené à son rythme, entre intensité et lâcher-prise.

Rendre la voiture, embarquer, reprendre un autre véhicule, rejoindre un nouvel hébergement… sur le papier, le processus semblait un peut lourd, presque décourageant. J’avais d’ailleurs envisagé, au départ, de louer un seul véhicule et de naviguer d’île en île en ferry. Mais une fois les temps de trajet analysés, l’idée a rapidement perdu de son attrait. L’avion s’est imposé comme la solution la plus efficace pour changer d’île sans perdre de précieuses heures. Et une fois sur place, il est vite apparu qu’un voyage aussi dense et intense ne pouvait clairement pas se faire sans voiture, les transports en commun étant soit inexistants, soit inadaptés à ce type d’itinéraire.

Nous avons donc repris un troisième et dernier véhicule avec Cicar pour terminer ces deux derniers jours à Tenerife. Une fois encore, leur efficacité a fait la différence : voiture récupérée avant même que nos bagages n’apparaissent sur le tapis de l’aéroport. Un gain de temps précieux qui a rendu la transition presque fluide. Qui dit nouveau débarquement dit aussi nouveau logement, et cette fois, nous avons testé un concept pour le moins original : l’African Eco Lounge. Comme son nom l’indique, l’endroit s’inspire de l’Afrique, mais avec quelques particularités qui le rendent unique.

Seule la chambre disposait d’un toit, garantissant des nuits au sec en cas de rares gouttes de pluie, tandis que le reste du logement était totalement ouvert sur un jardin luxuriant où avocatiers, manguiers et autres fruits poussaient librement. Un concept audacieux, dépaysant, qui mériterait néanmoins d’être affiné pour corriger certaines lacunes pratiques. Mais notre choix s’était surtout porté sur un élément clé : le jacuzzi. Après plusieurs journées intenses passées à parcourir les îles, à grimper, marcher et explorer sans relâche, c’était l’atout indispensable pour conclure cette aventure en douceur, dans une bulle de calme et de récupération bien méritée.

Les Canaries offrent des ciels d’une pureté exceptionnelle, un terrain parfait pour admirer les étoiles dans un silence absolu.

L’avant-dernière journée avait sonné, et cette fois, c’est le nord de l’île qui était au programme. Nous avons tout de même commencé par aller contempler le plus haut volcan de l’archipel : Teide. Du haut de ses 3 715 mètres, il domine Tenerife comme un géant immobile. Passé les 2 000 mètres d’altitude, le décor devient presque lunaire : roches volcaniques, couleurs minérales, végétation rase et silence impressionnant. On ressent ici toute la puissance géologique des Canaries, comme si le temps s’était figé. Quelques photos prises au gré du vent, un bon café savouré au soleil, et il a fallu redescendre progressivement, quittant la lumière éclatante des hauteurs pour retrouver la grisaille plus bas.

Après une descente d’environ 2 000 mètres, nous sommes arrivés à Playa María Jiménez, où une multitude de façades colorées semblent littéralement se jeter dans l’océan. Une nouvelle claque visuelle, encore une. Le contraste entre les maisons vives, la mer agitée et le ciel chargé créait une ambiance presque irréelle. Nous avons ensuite repris la route vers le nord, avec un premier arrêt au Punta del Hidalgo Lighthouse. Malgré son architecture moderne et les vastes serres qui s’étendent juste derrière, le lieu m’a laissé bouche bée. Sans doute grâce à cet arrière-plan spectaculaire, où les montagnes abruptes plongent directement dans l’océan, donnant au site une force et une profondeur incroyables.

En longeant un temps la côte, puis en s’enfonçant dans d’interminables routes étroites et sinueuses, nous avons poursuivi notre avancée vers le nord. Un itinéraire qui aurait été un pur bonheur avec une moto, mais qui, en voiture, s’est parfois transformé en véritable épreuve de nerfs. Quelques touristes peu habitués à ce genre de routes se retrouvaient face à face, chacun hésitant à se serrer… blocage total. Mais heureusement, les paysages faisaient instantanément oublier ces broutilles. La route nous a finalement menés jusqu’à Playa de Benijo, un autre coin reculé comme les Canaries savent si bien les offrir. Une fois encore, une claque visuelle. Cette diversité permanente — des paysages, de la faune, de la flore — donne l’impression que chaque recoin de l’île cache sa propre surprise, prête à se révéler à qui prend le temps d’aller la chercher.

S’en est suivie une soirée tranquille, la dernière dans ce coin de paradis. Sachant que l’archipel des Canaries est l’un des meilleurs endroits au monde pour contempler les étoiles, je voulais passer un peu de temps sur les hauteurs pour profiter du ciel nocturne. Depuis notre logement, la pollution lumineuse était trop importante, et l’idée de monter au-dessus des forêts, à plus de 2 000 mètres d’altitude, m’avait traversé l’esprit. J’avais même vu qu’on organisait des sessions photo au sommet du Teide, où la pollution lumineuse est quasiment nulle. Mais après une semaine intense de vadrouille et presque une heure de route pour atteindre un spot idéal, je me suis vite découragé. Il valait mieux se détendre dans le jacuzzi, verre en main, et admirer les étoiles depuis là, dans le calme et le confort.

Puis le dernier jour est arrivé, ce genre de matin où l’on se lève presque avec un pincement au ventre, conscient que la fin du voyage approche. Mais pas le temps de s’attarder sur la nostalgie : nous sommes partis explorer le sud de Tenerife. Arrivés dans la région de Garachico, notre route nous a menés à travers d’immenses plantations de bananiers à perte de vue, un nouveau contraste visuel saisissant, rappelant celui des vignes que nous avions découvert plus tôt. L’économie des îles repose d’ailleurs largement sur ces cultures : le vin, issu des terres volcaniques uniques, est un produit phare, tandis que les bananes, exportées partout en Europe, constituent une ressource essentielle et un symbole agricole majeur. Le tourisme complète ce tableau, véritable moteur économique, attirant chaque année des visiteurs venus pour la beauté brute et les richesses naturelles des Canaries.

Notre route s’est ensuite poursuivie jusqu’au Mirador Altos de Baracán, où de nouveaux panoramas grandioses se sont dressés devant nous, offrant une dernière claque visuelle mémorable. Sur le chemin, nous avons retrouvé la configuration des routes étroites et sinueuses, où la beauté des paysages permettait presque d’oublier le manque de savoir-vivre de certains automobilistes. Malgré tout, cette magnifique route nous a conduits jusqu’à l’aéroport, où nous avons retrouvé une dernière touche culturelle grâce à Jamy de C’est pas Sorcier, qui a répondu à nombre de questions que nous nous posions tout au long du voyage, clôturant ainsi cette aventure avec un éclairage à la fois ludique et instructif.

Mirador Altos de Baracán : un panorama époustouflant où ciel, mer et montagnes se fondent en une harmonie parfaite.

Après tant de kilomètres parcourus, tant d’images gravées dans la mémoire, un sentiment profond m’habite. J’ai voyagé à travers le monde, mais peu d’endroits m’ont autant marqué que ces îles volcaniques au large de l’Afrique. Chaque journée ici a été une leçon d’émerveillement, un mélange unique de paysages à couper le souffle, de lumières changeantes et d’une nature à la fois sauvage et généreuse. La diversité des Canaries est incroyable, entre plages désertes, champs de lave figée, forêts luxuriantes et cultures étonnantes. Cette richesse m’a touché au cœur, offrant un contraste saisissant qui fait toute la magie de l’archipel.

Le climat doux, presque parfait, vient couronner cette expérience. Il crée une atmosphère propice à la détente et à la découverte, où chaque instant devient précieux, chaque rencontre avec la nature une invitation à la contemplation. Nous avons hâte de revenir, de redécouvrir ces terres fascinantes, que ce soit pour explorer les îles encore inconnues ou simplement revivre ce rêve éveillé que nous avons connu. Ces îles ont ce pouvoir rare de rester gravées en nous, un appel constant à revenir, encore et encore.

Et la suite alors ?

Merci d’avoir lu jusqu’ici et d’avoir partagé ce bout de voyage avec moi. Ce séjour aux Canaries restera longtemps gravé, mais il ouvre aussi la porte à bien d’autres aventures à venir. Peut-être qu’à l’avenir, Mulet’s Wildside évoluera encore, mêlant plus étroitement plusieurs passions — la nature, la découverte, le voyage, et pourquoi pas d’autres horizons encore. Mais est-ce vraiment possible de gérer plusieurs passions en même temps, sans se perdre sous la pression du temps qui file, ni risquer de ne pas s’investir pleinement dans l’une ou l’autre ? C’est un défi que je me plais à relever, à tâtons, entre exploration et quête d’équilibre. Et vous, comment vivez-vous cette course parfois folle entre ce que vous aimez et ce que vous avez envie de faire ?

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