Voilà l'été !

Après un printemps hors norme, marqué par des sécheresses à répétition, l’été a finalement pris place. Et, comme on pouvait malheureusement s’y attendre, la météo n’a pas été plus clémente pour la faune et la flore. Autour de chez nous, les champs se sont rapidement asséchés et les arbres ont jauni bien plus tôt qu’à l’accoutumée, donnant parfois aux paysages et aux sous-bois des airs d’automne en plein cœur de l’été. La chaleur, intense et répétée, a une nouvelle fois mis la nature à rude épreuve, contraignant chaque espèce à composer avec ce climat de plus en plus difficile.

Pourtant, au milieu de cette sécheresse, je me suis découvert un petit havre de paix, et surtout de fraîcheur, à quelques pas de chez moi dans le petit cours d’eau qui serpente en contrebas. Lui aussi a lutté tout au long de l’été pour sa survie, et avec lui celle des poissons qui y trouvent refuge. C’est dans cet écrin préservé que j’ai eu la chance de réaliser de belles sessions photo et vidéo, notamment avec un jeune Pic vert, mais aussi et surtout avec le Martin-pêcheur d’Europe. Plusieurs rencontres extraordinaires se sont offertes à moi, parfois furtives, parfois plus longues, mais toujours aussi précieuses. Des instants simples, à quelques minutes de la maison, qui rappellent qu’il suffit parfois de regarder un peu plus attentivement autour de soi pour découvrir une nature insoupçonnée.

L’été a également été synonyme d’évasion et de découvertes. Accompagné de ma moitié, nous avons poursuivi nos randonnées, avec notamment plusieurs escapades en Haute-Savoie, au-dessus du lac d’Annecy, jusqu’au Mont Veyrier et à la mythique Tournette, qui nous a offert une vue à 360 degrés sur les montagnes et les paysages environnants. Puis sont venues les vacances, sous la forme d’un road trip mêlant randonnée et découverte à travers les Dolomites, les Préalpes vicentines, la Slovénie et la Croatie, avec l’espoir d’apercevoir les ours. Trois mois intenses, riches en rencontres, en images et en dépaysement, qui sont finalement passés à toute vitesse, laissant derrière eux une multitude de souvenirs et l’envie, déjà, de repartir à la découverte du vivant.

Picus viridis

Pic Vert

Ces photos ont été réalisées alors que j’attendais patiemment un autre visiteur, le Martin-pêcheur. Depuis deux jours, ce jeune Pic vert tournait pourtant autour de mon affût, sans jamais vraiment s’approcher. Jusqu’à finalement venir se poser à quelques mètres de moi, avant de poursuivre son chemin dans ma direction et m’offrir une belle proximité.

Juillet sous un soleil de plomb...

Nous étions maintenant dans le dur. Chaque journée donnait l’impression d’être plus chaude que la précédente. Dans le jardin, les oiseaux ne se montraient plus que furtivement, aux premières heures du jour ou lorsque le soleil commençait enfin à décliner. Les sols étaient secs, déshydratés comme rarement, tandis que les cours d’eau diminuaient à vue d’œil. Et pourtant, à quelques dizaines de mètres de chez moi, les maïs continuaient d’être arrosés en plein soleil, malgré des températures devenues intenables. Dans ce paysage écrasé par la chaleur, je savais pourtant qu’un petit cours d’eau résistait encore. Un minuscule filet d’eau où la vie semblait s’être réfugiée et où, en s’approchant, on pouvait encore percevoir un semblant de fraîcheur.

Après y avoir installé un piège photo pendant quelques jours, les premières images m’ont rapidement donné envie de passer davantage de temps sur place. J’ai alors improvisé un petit affût, quelques branches disposées autour de moi suffisant à me fondre tant bien que mal dans le décor. Les après-midi étaient si chauds que, plutôt que de rester enfermé chez moi, je préférais finalement les passer là, à attendre, parfois plusieurs heures, dans l’espoir de voir apparaître l’un de ses habitants. Ma première rencontre fut celle d’un jeune Pic vert. D’abord à une vingtaine de mètres, il s’est progressivement rapproché jusqu’à venir picorer à seulement quelques mètres de moi. La naïveté des jeunes individus offre parfois de formidables opportunités d’approche, et ce sont souvent ces rencontres inattendues, à quelques pas seulement, qui donnent aux images leur saveur particulière.

C’est d’ailleurs cette proximité qui m’a permis de vivre l’une de mes plus belles rencontres de l’été avec un jeune Martin-pêcheur d’Europe. Après avoir détecté la présence de plusieurs individus grâce au piège photo, et même entendu leurs cris depuis ma fenêtre le soir venu, j’ai finalement découvert ce jeune oiseau particulièrement insouciant. Les branches que j’avais installées autour de mon affût semblaient avoir trouvé grâce à ses yeux et lui ont offert une véritable scène sur laquelle il s’est prêté à toutes sortes de comportements : bain de soleil, toilette et pêche de petits poissons. Pendant près de quarante-cinq minutes, il m’a offert un spectacle dont je n’aurais pas pu rêver. Je l’ai eu la chance de le retrouver trois jours de suite, même si sa présence s’est progressivement faite plus discrète. Jusqu’au jour où il s’est posé directement sur mon affût et m’a aperçu. Ce fut son dernier grand moment de proximité avec moi. Après cela, il ne fit plus que passer, ayant désormais compris où je me trouvais.

J’ai également profité des premières et des dernières heures de la journée pour parcourir les berges de ce petit cours d’eau. Et, comme souvent lorsque je prends le temps de m’y attarder, je n’ai pas été déçu. Martres des pins, chevreuils et faons, renard, écureuils se sont tour à tour croisés sur mon chemin, sans compter les nombreux oiseaux dont ma collection de photos s’est rapidement enrichie. Un véritable petit havre de paix, étonnamment riche en vie malgré sa proximité avec les habitations, et qui, au cœur de cet été brûlant, est devenu l’un de mes refuges privilégiés.

Alcedo atthis

Martin-pêcheur d'Europe

Mal installé sur les galets du cours d’eau, il m’aura fallu plusieurs jours de patience avant de voir enfin apparaître ce jeune Martin-pêcheur. Parfois à la vitesse de la lumière, parfois posé à quelques mètres de moi pour profiter du soleil, ce juvénile m’aura décidément offert tout ce que je n’avais pas eu la chance d’observer de l’espèce durant le reste de l’été.

Italie, Croatie et Slovénie

Le mois d’août a pris des airs de grand voyage. Un mois de road trip à travers les cols et les montagnes, avec une première escale au pied de la chaîne du Bargy, puis quelques jours dans les Préalpes vicentines. Après les semaines de chaleur et de sécheresse, ces premières journées furent placées sous le signe de la détente. Quelques balades autour de notre point de chute, de bons repas et la découverte des spécialités locales ont rythmé cette première partie du voyage. La faune, elle, s’est surtout fait entendre sans vraiment se laisser apercevoir. Quelques chants, quelques mouvements furtifs, mais peu d’observations qui nous rappelaient que, même en montagne, il faut parfois savoir se contenter de ce que la nature veut bien nous montrer.

Puis nous avons pris la direction des Dolomites, une chaîne de montagnes que je rêvais de découvrir depuis très longtemps. Une première occasion devait se présenter à moto, mais le mauvais temps avait finalement eu raison du projet. Cette nouvelle opportunité, sous la forme de trois jours de randonnée avec ma belle-famille, était donc une véritable chance. Et quelle chance ! Ces quelques jours resteront parmi ces souvenirs puissants que l’on ne collectionne qu’en petit nombre. Des paysages à couper le souffle, des montagnes toutes plus impressionnantes les unes que les autres, et une avifaune particulièrement présente. Par centaines, certains oiseaux évoluaient autour de nous, étonnamment peu farouches, offrant des rencontres aussi inattendues que réjouissantes.

Nous avions pourtant pour objectif de marcher et de découvrir ces montagnes au maximum, mais nous avons rapidement été confrontés à une réalité différente de celle que nous imaginions. Certains refuges étaient particulièrement fréquentés, non pas uniquement en raison du nombre de randonneurs, mais surtout parce que de larges chemins permettaient d’y accéder depuis de grands parkings en seulement quelques dizaines de minutes. À cela s’ajoutaient les remontées mécaniques, déversant un flux presque continu de visiteurs jusque dans les hauteurs. Une fréquentation qui contrastait parfois fortement avec l’image sauvage que l’on pouvait se faire de ces montagnes. Le voyage s’est ensuite poursuivi jusqu’aux lacs de Plitvice, en Croatie, avant de nous conduire en Slovénie, où nous espérions enfin apercevoir les ours. Des étapes riches et singulières, sur lesquelles je reviendrai plus en détail dans un prochain article consacré à ce road trip.

Puis les vacances ont sonné leur fin. La rentrée est arrivée, et avec elle une nouvelle routine s’est doucement remise en place. Après ces semaines d’évasion, de montagnes et de découvertes, le retour à la réalité fut particulièrement difficile. Peut-être même trop difficile. Il fallait pourtant reprendre le rythme, retrouver les habitudes et laisser derrière nous ces paysages qui nous avaient tant marqués. Mais après avoir goûté à cette liberté, aux grands espaces et à ces journées où chaque virage pouvait ouvrir sur un nouveau paysage, le quotidien semblait soudain bien différent.

Ardea cinerea

Héron cendré

Cette série de photos a été réalisée aux lacs de Plitvice, en Croatie, lors d’une visite quelque peu contrastée par le nombre impressionnant de visiteurs présents dans le parc. Heureusement, alors que notre balade touchait à sa fin, ce jeune Héron cendré est venu se poser à proximité. Peu farouche malgré l’agitation environnante, il m’a offert une belle occasion de réaliser quelques images dans des conditions finalement bien plus paisibles qu’espéré.

L'été Indien

Nous étions désormais de retour en Auvergne, et le contraste avec les semaines passées était saisissant. Autour de chez nous, les paysages semblaient brûlés, profondément marqués par un été bien trop chaud et par ces terrains cultivés qui s’étendent à perte de vue. Le retour fut difficile, et après tous ces dépaysements, la nature qui nous entourait nous paraissait soudain bien moins attirante. Nous avons tout de même repris nos habitudes, avec notamment une petite randonnée dans la Chaîne des Puys, mais le constat fut malheureusement le même : tout semblait avoir été brûlé par les mois précédents. Malgré le retour de la rosée matinale, rares étaient encore les champs à montrer quelques touches de verdure. Par moments, ces paysages secs et délavés me rappelaient presque ceux de la côte ouest des États-Unis, où certaines terres peuvent devenir extrêmement arides.

Et puis, après avoir crapahuté tout l’été dans les montagnes, je dois bien l’avouer : le dénivelé des montagnes et leurs parois rocheuses commençaient cruellement à manquer. Les volcans d’Auvergne ont beau offrir de magnifiques paysages, j’avais besoin de retrouver cette sensation de montagne, celle qui pousse à grimper, à chercher un passage, à regarder partout autour de soi dans l’espoir d’une nouvelle rencontre. C’est probablement pour cette raison que nous sommes rapidement retournés en Haute-Savoie, cette fois autour du lac d’Annecy, avec un objectif bien précis : la Tournette. Une randonnée qui attaque dans le dur, avec près de 1 200 mètres de dénivelé positif sur seulement six kilomètres, mais qui offre en récompense des points de vue incroyables sur le lac d’Annecy et, au sommet, un panorama à 360 degrés révélant toute l’étendue des massifs environnants. Après plusieurs semaines passées à marcher en montagne, retrouver cet air, ces reliefs et cette sensation de crapahuter partout à la recherche d’images fut un véritable plaisir.

La saison du brame du cerf avait également commencé, et j’ai profité de cette période pour tenter plusieurs sorties, avec l’espoir d’entendre les mâles et, peut-être, d’avoir la chance d’en apercevoir un. En Haute-Savoie, ils s’étaient régulièrement fait entendre, parfois tout près de nous. Mais près de chez moi, le constat était bien différent : aucun cerf à proximité. Il faut désormais parcourir près d’une heure de voiture, à l’aller, pour rejoindre des secteurs suffisamment tranquilles où les animaux semblent encore trouver les conditions qui leur conviennent. Une fois sur place, il faut alors patienter, écouter et avancer discrètement, en espérant que la forêt finisse par révéler l’un de ses habitants. Ces longues heures d’attente font partie du jeu, et c’est aussi ce qui rend chaque rencontre avec ces grands cervidés aussi précieuse.

Un autre événement est venu marquer cette fin de saison : le retour de la chasse. Désormais, les coups de feu se font entendre à répétition les week-ends et les autres jours autorisés, rendant les balades beaucoup moins sereines. Se promener dans ces conditions donne forcément moins envie de partir à la recherche de la faune, car croiser un animal et l’effrayer pourrait malheureusement contribuer à le mettre en danger. Dans le même temps, les oiseaux migrateurs ont commencé à repartir, laissant le jardin aux espèces qui passent désormais l’hiver chez nous. Mésanges, Rougegorges et Étourneaux ont repris possession des lieux, comme pour rappeler que le cycle continue. La boucle semble déjà se refermer, alors qu’il me reste encore trois mois d’observations pour terminer cette première année. Trois mois pour profiter encore de ces rencontres, observer les changements de saison et, peut-être, terminer cette première année avec quelques dernières belles surprises.

La montagne m’a offert un été à la hauteur de ma passion.

Espèces observées ces derniers mois (liste partielle) Juillet, Août & Septembre 2026

  • Aigle Royal
  • Marmotte
  • Bouquetin
  • Tétras Lyre
  • Pouillot véloce
  • Loriot
  • Guêpiers d'Europe
  • Pic vert
  • Pic épeiche
  • Grive musicienne
  • Escargot
  • Grande loche
  • Fauvette à tête noire
  • Lièvre
  • Rouge-gorge familier
  • Canard colvert
  • Rougequeue noir
  • Pie bavarde
  • Geai des chênes
  • Bergeronnette des ruisseaux
  • Bergeronnette printanière
  • Bergeronnette grise
  • Libellules et Demoiselles
  • Mésange charbonnière
  • Mésange bleue
  • Mésange noire
  • Orite à longue queue
  • Faisan
  • Ragondin
  • Corneille noire
  • Ecureuils Roux
  • Ecureuils Brun
  • Tichodrome échelette
  • Linotte mélodieuse
  • Vautour fauve
  • Pipit farlouze
  • Hirondelle de rivage
  • Hirondelle de fenêtre
  • Hirondelle rustique
  • Sterne arctique
  • Tourterelle turque
  • Héron cendré
  • Aigrette garzette
  • Merle noir
  • Chardonneret élégant
  • Moineau domestique
  • Goéland
  • Pigeon Ramier
  • Cassenoix moucheté
  • Martin-pêcheur
  • Chevreuil
  • Chamois
  • Traquet motteux
  • Alouette des champs
  • Lézard vert occidental
  • Pinson des arbres
  • Étourneau sansonnet
  • Buse variable
  • Milan noir
  • Milan Royal
  • Faucon crécerelle
  • Chocards à bec jaune
  • Choucas des tours

Conclusion

Cette première année d’observation touche doucement à sa fin, et lorsque je repense à ces derniers mois, j’ai parfois du mal à réaliser tout ce qu’ils m’ont permis de vivre. Des rencontres inattendues, des paysages magnifiques, des heures passées à attendre dans un affût, mais aussi de longues randonnées et des kilomètres parcourus à la recherche de nouvelles images. Chaque saison aura apporté son lot de découvertes, de moments privilégiés et parfois aussi de déceptions, mais toutes auront renforcé cette envie de prendre le temps d’observer ce qui nous entoure. Une année riche en émotions et en souvenirs, qui me donne surtout envie de poursuivre cette aventure et de continuer à découvrir ce que la nature voudra bien me montrer.

Et parce que certains moments méritent plus qu’une simple évocation au fil des saisons, je reviendrai certainement plus en détail sur certaines de ces aventures. Un article sera probablement consacré au road trip de cet été, entre les Dolomites, la Croatie et la Slovénie, tant ce voyage a été riche en paysages et en découvertes. Je prévois également, très certainement, un article consacré aux randonnées de 2026, pour revenir plus largement sur ces nombreux kilomètres parcourus, les sommets gravis et tous ces paysages qui m’ont donné encore davantage envie de crapahuter. Mais avant cela, il reste encore quelques mois à observer… et peut-être quelques dernières belles rencontres à immortaliser.

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